Calculateur brut → super-brut (coût employeur)
Estimez le coût total annuel pour l'entreprise à partir du salaire brut, avec la réduction Fillon.
40 000 €
Salaire brut/an
57 600 €
Super-brut (coût total)
+44 %
Charges patronales
2 600 €
Net mensuel salarié
Charges patronales : 17 600 €/an
Ratio net / coût total : 54.2 % — pour 100 € dépensés, le salarié touche 54 € nets
Estimation incluant la réduction Fillon pour les salaires ≤ 1,6 SMIC. Le taux AT/MP (accidents du travail) varie selon le secteur (0,5 % à 15 %) et n'est pas inclus. Résultats indicatifs.
Du brut au super-brut : le coût réel d'un salarié
En France, le coût total employeur (ou super-brut) est la somme que l'entreprise dépense réellement pour maintenir un poste. Il comprend le salaire brut (ce qui est inscrit sur le bulletin de paie avant cotisations salariales) plus les cotisations patronales que l'employeur verse directement aux organismes sociaux.
En pratique, pour un salarié non-cadre, le super-brut représente environ 140 à 145 % du brut. Pour un cadre, il monte à 150 à 165 % en raison des cotisations AGIRC-ARRCO plus élevées. À titre d'exemple : un salarié cadre payé 60 000 € brut coûte en réalité environ 90 000 à 95 000 € à son employeur.
Tableau : brut → super-brut 2026
| Salaire brut annuel | Non-cadre (coût) | Cadre (coût) | Net mensuel approx. |
|---|---|---|---|
| 21 600 € (SMIC) | ~22 800 €* | — | ~1 370 € |
| 25 000 € | ~33 500 € | — | ~1 600 € |
| 30 000 € | ~42 300 € | ~44 700 € | ~1 940 € |
| 40 000 € | ~56 400 € | ~59 800 € | ~2 580 € |
| 50 000 € | ~70 500 € | ~75 000 € | ~3 150 € |
| 60 000 € | ~84 600 € | ~90 600 € | ~3 730 € |
| 80 000 € | ~112 800 € | ~122 400 € | ~4 790 € |
* Au SMIC, la réduction Fillon réduit drastiquement les charges patronales. Le coût réel est quasi-identique au brut. Estimations 2026 basées sur les taux officiels URSSAF. Le taux AT/MP varie selon le secteur (0,5 % à 15 %).
Détail des cotisations patronales 2026
| Cotisation | Taux patronal | Assiette |
|---|---|---|
| Assurance maladie / maternité | 7,00 % | Total brut |
| Allocations familiales | 3,45 – 5,25 % | Total brut |
| CNAV (retraite de base) | 8,55 % | Plafond SS |
| CNAV (déplafonnée) | 1,90 % | Total brut |
| AGIRC-ARRCO T1 | 4,72 % | ≤ plafond SS |
| AGIRC-ARRCO T2 (cadres) | 12,95 % | 1–8 plafonds SS |
| Assurance chômage | 4,05 % | ≤ 4 plafonds SS |
| Accidents du travail / MP | 0,5 – 15 % | Total brut |
| Formation professionnelle | 0,55 – 1,00 % | Total brut |
| Taxe d'apprentissage | 0,68 % | Total brut |
Le plafond de la Sécurité sociale (plafond SS) est de 46 368 € brut/an en 2026 (3 864 €/mois). Les cotisations plafonnées ne s'appliquent que sur la fraction du salaire inférieure à ce montant, ce qui explique pourquoi les très hauts salaires ont un taux de cotisation marginal décroissant.
La réduction Fillon : l'allégement sur les bas salaires
La réduction générale des cotisations patronales (dite réduction Fillon) est un mécanisme clé du marché du travail français. Elle permet à l'employeur d'économiser jusqu'à 32,5 % du salaire brut (pour les entreprises de +50 salariés) sur les cotisations patronales, uniquement pour les salaires allant du SMIC jusqu'à 1,6 fois le SMIC (~2 883 €/mois en 2026).
Conséquence pratique : au SMIC, le coût employeur réel (après réduction) est quasi-identique au brut. À 1,3 SMIC (~2 342 €/mois brut), la réduction est encore de l'ordre de 15 à 20 % des cotisations. Elle diminue linéairement jusqu'à s'annuler à 1,6 SMIC.
Ce dispositif a un double effet : il réduit le coût du travail peu qualifié (favorisant l'emploi en bas de l'échelle) mais crée une discontinuité (le « mur » à 1,6 SMIC) qui peut freiner les augmentations de salaire dans cette zone. Des travaux économiques montrent qu'il contribue à une concentration des salaires autour du SMIC.
Connaître le super-brut pour mieux négocier
Dans une PME ou une startup, l'employeur raisonne souvent en budget global plutôt qu'en salaire brut. Connaître le super-brut vous permet de positionner votre demande dans le cadre financier de l'entreprise et d'anticiper ses marges de manœuvre.
Exemple : vous négociez une augmentation de 3 000 € brut (passage de 40 000 à 43 000 €). L'employeur doit réellement budgéter ~4 200 € supplémentaires de coût total (3 000 × 1,42 en non-cadre). Connaître cet écart vous permet d'argumenter différemment : proposer d'être payé partiellement en épargne salariale (moins coûteuse en charges patronales) si l'augmentation en brut est bloquée.
À l'inverse, un salarié qui négocie un package à l'embauche peut demander à l'employeur de détailler le coût employeur total incluant mutuelle, tickets restaurant, intéressement et abondement PEE — souvent 5 000 à 15 000 € au-delà du super-brut strict dans les grandes entreprises.