Vue d'ensemble : quel net pour quel statut ?
Le statut professionnel est le facteur le plus déterminant dans le calcul de votre rémunération nette. À revenu brut ou chiffre d'affaires équivalent, l'écart de net peut atteindre 30 à 40 % entre un micro-entrepreneur et un salarié en CDI cadre. Ce tableau résume les principales caractéristiques de chaque statut pour un revenu brut annuel de 40 000 € brut en net (ou CA équivalent) :
| Statut | Charges | Net annuel estimé | Chômage |
|---|---|---|---|
| CDI non-cadre | ~22 % | ~31 200 € | ✓ Oui |
| CDI cadre | ~25 % | ~30 000 € | ✓ Oui |
| CDD | ~22 % | ~31 200 € + prime | ✓ Oui |
| Micro-entrepreneur | ~21 % | ~31 600 € | ✗ Non |
| SASU (salaire) | ~25 % | ~30 000 € | ✗ Non |
| Portage salarial | ~30 % | ~28 000 € | ✓ Oui |
| Fonction publique | ~18 % | ~32 800 € | ✓ Oui |
Ces estimations sont indicatives et varient selon la convention collective, les primes et la situation individuelle. Le net du micro-entrepreneur est avant impôt sur le revenu.
CDI : le salariat classique
Le contrat à durée indéterminée (CDI) est la forme d'emploi la plus courante en France, représentant environ 75 % des emplois. Le salarié en CDI bénéficie d'une couverture sociale complète : assurance maladie, retraite de base et complémentaire, assurance chômage, prévoyance et mutuelle d'entreprise obligatoire. Les cotisations salariales représentent environ 22 % (non-cadre) à 25 % (cadre) du salaire brut.
Le CDI offre la sécurité de l'emploi et l'accès à des droits sociaux étendus : congés payés (25 jours minimum), RTT pour certaines conventions, formation professionnelle via le CPF, et possibilité de négocier des avantages complémentaires (tickets restaurant, intéressement, participation, plan d'épargne entreprise). En contrepartie, le taux de charges global (salarié + employeur) est le plus élevé de tous les statuts.
Avantages du package CDI
Au-delà du salaire brut, le package CDI peut inclure des éléments significatifs souvent sous-estimés : la mutuelle d'entreprise (prise en charge à 50 % minimum par l'employeur, soit 30 à 80 €/mois d'économie), les tickets restaurant (part employeur de 5 à 6 €/jour, soit ~110 €/mois net), l' intéressement et participation (exonérés d'impôt si placés en PEE), et le remboursement transport (50 % de l'abonnement Navigo ou équivalent). Pour un salaire de 35 000 € brut en net, ces avantages peuvent représenter 2 000 à 4 000 € de valeur nette annuelle supplémentaire. Voir aussi le détail pour 42 000 € brut en net.
CDD : spécificités et prime de précarité
Le contrat à durée déterminée (CDD) suit les mêmes règles de cotisations que le CDI, avec un avantage supplémentaire : la prime de précarité de 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat. Cette prime compense l'absence de sécurité de l'emploi et est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt.
Pour l'employeur, une surcotisation chômage peut s'appliquer pour les CDD très courts : 0,5 % pour les CDD de 1 à 3 mois pour accroissement temporaire d'activité. La prime de précarité n'est pas due dans certains cas : CDD saisonnier, CDD d'usage, contrat étudiant pendant les vacances, ou si le salarié refuse un CDI pour le même poste. Sur un CDD de 6 mois à 2 500 €/mois brut, la prime de précarité représente environ 1 500 € brut supplémentaires.
Micro-entrepreneur (auto-entrepreneur)
Le micro-entrepreneur bénéficie d'un régime simplifié avec un taux de cotisations unique appliqué sur le chiffre d'affaires : 21,1 % pour les prestations de services (BNC), 12,3 % pour le commerce. Ce régime ne prévoit ni assurance chômage ni cotisation retraite complémentaire. Le plafond de CA est de 77 700 € pour les services et 188 700 € pour le commerce.
L'avantage principal réside dans la simplicité de gestion et le taux de charges relativement faible. L'inconvénient majeur est l'absence de protection chômage et une retraite minimaliste. Le versement libératoire de l'impôt (1 à 2,2 % du CA) permet une fiscalité simplifiée sous conditions de revenus (revenu fiscal de référence N-2 ≤ 27 478 € par part).
Calcul du revenu net réel
Attention, le « net » du micro-entrepreneur n'est pas comparable au net salarié. Après les 21,1 % de cotisations, il faut encore déduire l'impôt sur le revenu, la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises, de 200 à 2 000 €/an), la mutuelle (100 à 300 €/mois en individuel) et la prévoyance (optionnelle). Pour un CA de 50 000 € en services, le revenu net réellement disponible est d'environ 30 000 à 33 000 €, contre 31 000 € net pour un salarié au même brut mais avec chômage, retraite et mutuelle inclus.
SASU et EURL : président ou gérant
En SASU, le président est assimilé salarié et cotise au régime général. Les cotisations sont similaires à celles d'un cadre (~25 % salarié, ~42 % employeur), mais il ne bénéficie pas de l'assurance chômage. L'avantage réside dans la possibilité de se verser des dividendes soumis au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %) plutôt qu'aux cotisations sociales, permettant une optimisation fiscale.
En EURL soumise à l'IR, le gérant majoritaire relève du régime TNS (travailleurs non-salariés) avec des cotisations d'environ 45 % du revenu net. Ce régime offre des cotisations globalement inférieures au régime salarié mais une protection sociale moindre, notamment en matière de retraite complémentaire et de prévoyance.
Optimisation salaire + dividendes en SASU
La stratégie classique en SASU consiste à se verser un salaire modeste (pour valider les trimestres retraite et la couverture maladie) et à distribuer le reste en dividendes. Pour un résultat net de 80 000 €, la répartition optimale est souvent : 30 000 € en salaire brut (~23 400 € net après cotisations) + 50 000 € en dividendes (~35 000 € net après IS 25 % et PFU 30 %), soit un net total d'environ 58 400 € contre 48 000 € en tout-salaire. Consultez un expert-comptable pour adapter cette stratégie à votre situation.
Fonction publique : traitement et indemnités
Le fonctionnaire perçoit un traitement calculé sur la base d'un indice majoré multiplié par la valeur du point d'indice (4,92 € depuis juillet 2023). Les cotisations sont spécifiques : retenue pour pension civile ( 11,10 %), CSG/CRDS, et contribution exceptionnelle de solidarité. Le taux de charges global (~17-20 %) est inférieur au secteur privé, ce qui signifie que le net représente une part plus élevée du brut.
Les fonctionnaires bénéficient de la sécurité de l'emploi, d'avantages spécifiques (régime indemnitaire, NBI, SFT) et d'un régime de retraite historiquement avantageux (75 % du traitement indiciaire des 6 derniers mois). Les primes et indemnités peuvent représenter 15 à 40 % de la rémunération totale selon le corps, le grade et la fonction exercée.
Les trois fonctions publiques
La fonction publique d'État (FPE) regroupe les ministères, l'éducation nationale et la police. La fonction publique territoriale (FPT) comprend les collectivités locales (mairies, départements, régions). La fonction publique hospitalière (FPH) couvre les hôpitaux et établissements de santé. Les grilles indiciaires et le régime indemnitaire varient entre ces trois versants, mais le mécanisme de calcul du traitement reste identique.
Portage salarial : l'indépendance avec la sécurité
Le portage salarial permet aux indépendants de facturer leurs missions tout en bénéficiant du statut salarié. La société de portage prélève des frais de gestion ( 5 à 10 % du CA HT), puis applique les cotisations sociales standard sur le salaire brut reconstitué. Le consultant porté bénéficie de l'assurance chômage, de la retraite et de la mutuelle.
Le net final est inférieur à celui d'un freelance en micro-entreprise (environ 45 à 50 % du CA HT facturé), mais la couverture sociale est complète. Ce statut convient aux consultants facturant des montants élevés (minimum 250 €/jour) et souhaitant sécuriser leur activité sans créer de structure juridique. La convention collective du portage salarial (2017) encadre les droits et obligations des parties.
Exemple chiffré : portage vs micro-entreprise
Pour un CA mensuel de 8 000 € HT : en portage, après frais de gestion (8 % = 640 €), cotisations sociales (~45 %) et impôt (~12 %), le net disponible est d'environ 3 500 €. En micro-entreprise, après cotisations (21,1 % = 1 688 €) et impôt (~12 % = 758 €), le net est d'environ 5 554 €. La différence de 2 054 €/mois est le « prix » de la sécurité sociale complète (chômage, retraite, mutuelle).
Alternance : apprentissage et contrat pro
L'apprenti perçoit un salaire calculé en pourcentage du SMIC selon son âge et son année de formation :
| Âge | 1ère année | 2ème année | 3ème année |
|---|---|---|---|
| 16-17 ans | 27 % SMIC | 39 % SMIC | 55 % SMIC |
| 18-20 ans | 43 % SMIC | 51 % SMIC | 67 % SMIC |
| 21-25 ans | 53 % SMIC | 61 % SMIC | 78 % SMIC |
| 26 ans et + | 100 % SMIC (ou salaire conventionnel) | ||
Le salaire de l'apprenti est exonéré de cotisations salariales dans la limite de 79 % du SMIC et exonéré d'impôt sur le revenu jusqu'au SMIC annuel. Le contrat de professionnalisation suit un barème similaire mais sans l'exonération d'impôt. L'alternance est financièrement avantageuse : le salaire net est proche du brut pour les rémunérations inférieures au SMIC.
Les aides de l'État à l'employeur (jusqu'à 6 000 € pour un apprenti majeur) rendent ce dispositif attractif pour les deux parties. L'alternant acquiert des droits à la retraite et au chômage, accumule de l'expérience professionnelle et obtient un diplôme : un triple investissement pour l'avenir.
Quel statut choisir ? Critères de décision
Le choix du statut dépend de plusieurs facteurs au-delà du seul net immédiat :
- Sécurité : le CDI et la fonction publique offrent la stabilité maximale. Le portage salarial est un bon compromis pour les indépendants.
- Revenus : le freelance (micro ou SASU) maximise le net immédiat au-delà de 50 000 € de CA, mais sans filet de sécurité.
- Retraite : le CDI cadre et la fonction publique génèrent les meilleures pensions. Le micro-entrepreneur aura une retraite minimale sans prévoyance complémentaire.
- Flexibilité : le micro-entrepreneur et le portage offrent la plus grande liberté dans l'organisation du travail.
- Scalabilité : la SASU permet de croître sans plafond de CA et d'embaucher des salariés, contrairement à la micro-entreprise.
Pour une analyse détaillée des cotisations associées à chaque statut, consultez notre guide des cotisations sociales 2026. Et pour comprendre l'impact fiscal sur votre net final, rendez-vous sur notre page net après impôt.
Comparez votre net selon votre statut
Notre simulateur vous permet de calculer instantanément votre salaire net en fonction de votre statut professionnel, de votre niveau de rémunération et de votre situation familiale.
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Exemples chiffrés : net mensuel par profil
À salaire brut identique, le net mensuel perçu varie selon le statut. Ces exemples correspondent au statut salarié (non-cadre). Cliquez pour voir le détail complet :